Lorsque la violence vit et habite chez chaque Ivoirien de Côte d'Ivoire
La mort par décapitation de Feu N’GUESSAN KOFFI TOUSSAINT est la continuité d’une traînée de violence, de meurtres, d’attentats, de massacres qui ont caractérisé l’évolution de la société ivoirienne. Au fait, la Côte d’Ivoire ne fait pas exception du reste de l’humanité. Tous les peuples ont connu leur période de turbulence. La singularité de notre situation réside plutôt dans notre attitude de déni. Nous refusons de reconnaitre que la violence a pris corps dans notre mentalité.
Nous la voulons extérieure à nous, pourtant elle nous hante. Nous l’attribuons à des ennemis réels ou inventés. L’international, nos chefs d’État, l’autre. Certain fut désigné chef des marcheurs, soutien à la rébellion et c’était la force licorne ou l’ONUCI, disions-nous, qui ouvrait la vanne de la violence pour garantir la pérennité de sa mission ? Le déni nous a toujours éloignés des solutions structurelles durables. Nous avons la mémoire courte, oubliant nos soixante ans d’existence, imbibés, façonnés, construits par la violence. Chacun peut établir une liste chronologique de plusieurs massacres, en vingt-sept ans, de 1993 à 2020. Cela fait un massacre tous les cinq ans. Ces débordements sanguinaires ont tous reçu l’approbation et la complicité des pouvoirs et des franges plus ou moins importantes de la société ivoirienne. L’agressivité constitue un élément central dans nos rapports avec autrui. Nous vivons un cycle continu d’échanges de violence où chacun, à son tour, devient victime ou oppresseur ; offensé ou agresseur. La violence devient un uniforme social que chacun emprunte à des degrés divers, pour des raisons variées. Mais tous en justifient son utilisation.
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